lundi 31 octobre 2011

Vivre ma vie aux USA avec 40 $ de coupons alimentaires par semaine

Afin de savoir si les aides alimentaires pour les plus démunis sont suffisantes, de nombreuses associations non gouvernementales ont proposé aux élus fédéraux, nationaux ou locaux ou plus généralement à tous les Américains de participer au FOOD STAMPS CHALLENGE.

Ce challenge consiste à se nourrir, pendant une période limitée, à partir des uniques subsides dont disposent souvent les plus démunis, à savoir les coupons alimentaires (Food Stamps). Ce programme dont le nom officiel est SNAP (Supplemental Nutrition Assistance Program) est un programme fédéral de la sécurité sociale souvent géré localement. Comme dans de nombreux pays fortement endettés, les États-Unis cherchent à réduire leurs dépenses budgétaires et leur déficit. Beaucoup d'organisations non gouvernementales pensent que le SNAP pourrait être sélectionné par le comité mixte du congrès pour la réduction du déficit. Celui-ci doit remettre ses propositions à la fin du mois de novembre.

Jusqu'à présent, 11 représentants, par ailleurs tous membres du parti démocrate, ont accepté de participer à ce challenge. Le représentant Joe Courtney du D-Connecticut a accepté de participer au challenge de la coalition des églises contre la pauvreté avec son épouse Audrey. Il a fait part de son expérience par l'intermédiaire de son blog à tous les Américains. Une phrase résume bien l'expérience du représentant : « We are a little hungry, and we definitely always look forward to the next meal. »

Une idée qui ne manquera pas d'intéresser ceux qui défendent le programme Européen d'Aide aux plus Démunis (PEAD) dont le budget pourrait être réduit de plus de 50 %.





samedi 29 octobre 2011

Land Art Sculpture


Sculpter la nature: telle est la raison d'être de cette nouvelle discipline, au croisement de la sculpture et l'architecture paysagiste.

Le projet présenté ci-dessus est l'oeuvre de deux artistes français, Gilles Brunit et Marc Barbarit. Il est intitulé "The Stream Path" et il est installé dans le Jardin botanique de la Caroline du Sud aux Etats Unis. L'installation a été réalisée en 1998 en 28 jours avec l'aide d'étudiants et de bénévoles. Ces installations sont souvent éphémères.


mercredi 26 octobre 2011

Chez Biocoop, l'emballage dégage !

Chez Biocoop, réseau de distribution spécialisé en produits Bio, les clients peuvent se servir de biscuits, céréales, fruits secs, farines, pâtes, riz, légumineuses, sucres, condiments, en vrac ! Pour se servir, des sachets en papier kraft recyclés sont à disposition, imprimés avec des encres à eau.

L'année dernière, certains magasins ont supprimé les eaux en bouteille de leur catalogue, et propsent à leurs clients de systèmes de filtration.



Mais récemment, Biocoop va plus loin en testant dans 3 de ses magasins de l'Ouest (Rennes, Lorient et Le Mans) des distributeurs automatiques de Yaourt en vrac, en partenariat avec Triballat-Noyal. Deux sortes de yaourt sont proposées aux clients de ces magasins : yaourt brassé nature et spécialité au soja nature.


Les clients doivent apporter eux-mêmes leur récipient, à eux de faire attention à la propreté et au respect de la chaîne du froid à la sortie du magasin. De son côté, Triballat s'engage à renouveler les stocks tous les trois jours.


La réduction des emballages, et par la même occasion des déchets, est aujourd'hui un enjeu important pour la protection de l'environnement. Biocoop va au-delà de la diminution des emballages en faisant un pas vers leur pure et simple suppression !

Crowdfunding en agriculture ?

Qu'est que le crowd-funding? Comme son nom l'indique il s'agit de financer un projet ou une entreprise, en faisant appel aux particuliers, chacun apportant une petite somme, par exemple 20 €. Avec 1000 contributeurs on peut déjà lever une belle somme. Souvent pour soutenir des projets dans les pays en voie de développement, une poignée de contributeurs suffit.



















Par exemple, vous pouvez investir dans une vache ou une chèvre au Cambodge. Ainsi Madame Oi Yoem (photographiée ci-dessus), une agricultrice de 58, mariée et mère de 6 enfants, souhaite bénéficier d'un prêt de 680 € pour acheter des vaches. Pour l'instant 9 personnes ont apporté 28% du montant au fond. il reste donc 560 € à trouver au cours des 29 prochains jours. 250 salariés du groupe GDF - Suez on ainsi plus de 21 000 € et financés 170 projets avec microworld.org

Paysan.fr, un site de vente par correspondance de produit de la ferme (circuit court), propose ainsi à ses clients de devenir actionnaire et de placez utilement un peu de leur argent. Le site a environ 12 000 clients et fait travailler 160 producteurs. Il a été créé en 2003 par Patricia Juthiaud dans le Lot et Garonne. Sa seconde levée de fonds se termine fin octobre 2011. Il s'agit d'une offre privée au public (pas plus de 50 participants).

Dans d'autres domaines, le Crowdfunding a fait beaucoup parler de lui. On peut citer l'exemple de My Major Company dans le domaine de la production musicale. Plus de 3 millions € ont été collectés auprès de plus de 150 000 "producteurs". Les créations de plus de 20 artistes ont ainsi été produites...pour plus de 1 500 000 albums vendus.


mardi 25 octobre 2011

Késako ? (1)

Quiz: Quelle est donc cette plante?

Quelques indices:
  1. Cette plante est utilisée comme condiment.
  2. Elle fait partie de la famille des crucifères (choux, navets, colza, moutarde, cresson, etc.)
  3. On pense qu'elle possède des propriétés anti-cariogénes (lutte contre les caries dentaires)


Je suis le : suivre ce lien.

lundi 24 octobre 2011

Share our Strength (SOS) un jour peut être en France ?












Les États Unis lorsque l'on s'attache à dépasser les quelques clichés répandus donnent l'impression d'un pays aux grands contrastes où, par exemple, une richesse outrageuse côtoie une grande pauvreté, et où surpoids et sous-nutrition se rencontrent dans une même rue.


Dans ce carnet, je souhaite mettre en exergue un ensemble d'initiatives fédérées sous la bannière de Share ou Strength - No Kid Hungry. Toutes ces initiatives visent à permettre aux enfants américains les plus démunis de manger à leur faim... et, comme les chiffres l'indiquent, le problème est particulièrement répandu.

On estime la population des USA en 2011 à 311 millions. D'après un rapport de l'USDA de septembre 2011, plus de 16 millions d'enfants, soit un enfant sur cinq, ne disposent pas des moyens nécessaires pour accéder régulièrement à une alimentation correcte. Une alimentation insuffisante affecte durablement la santé des enfants. Elle affecte aussi leur aptitude à l'apprentissage. Leurs performances scolaires sont diminuées. Une alimentation insuffisante est aussi la cause de troubles émotionnels et comportementaux.

L'association Share our Strength a débuté en 1984 par Debbie et Bill Shore, une soeur et son frère, initialement pour lutter contre la famine en Éthiopie. Depuis cette époque, plusieurs initiatives ont été développées avec l'objectif d'offrir à tous les Américains qui en éprouvaient le besoin, une aide alimentaire. Elle est souvent complémentaire de celles mises en oeuvre par les états.





Avec Taste of the Nation, les dons sont collectés par l'intermédiaire par les restaurants qui offrent lors d'évènement à leurs convives la possibilité de faire des découvertes culinaires. Une partie du chiffre d'affaires est reversé à Share our Strength.

Great American Bake Sale est le second véhicule pour collecter des fonds. Chaque communauté, petite ou grande peut organiser une vente de pâtisseries faite maison. Plus d'un million de dollars ont ainsi été collectés l'année dernière.

Avec Dine Out for no Hungry Kids, pendant une période limitée, les restaurants qui participent à cette initiative, qu'ils soient indépendants ou associés à une chaîne, reversent un montant fixe par menu acheté.

Des grands chefs pour une soirée font partager leur talent dans des restaurants qui pour l'occasion organise une donation. Ce programme s'intitule A Tasteful Pursuit.

Le programme Cooking Matters s'adresse aux familles. Il vise à leur apprendre à cuisiner des plats agréables, abordables et équilibrés.

De nombreux adhérents de l'association nationale des restaurants (NRA) participent, d'une manière ou d'une autre, aux initiatives de Share our Strength. Outre un geste élégant au service des plus démunis, ils obtiennent un éclairage médiatique.


Il est difficile de trouver des indications sur l'ampleur de la sous-alimentation en France et sur celle des enfants. On trouve dans la presse des articles qui témoignent des grandes difficultés que rencontrent certaines familles à s'alimenter correctement.

Avec l'espoir qu'une telle initiative se développe en France et vienne s'ajouter à celle des banques alimentaires, des restos du coeur et d'autres encore. Maîtres restaurateurs à vous de jouer.


dimanche 23 octobre 2011

Art et Alimentation : Da Vinci et Homer Simpson



La cène de Leonardo Da Vinci (1494-1498) a probablement inspiré cette scène du célèbre dessin animé américain.



et un petit plus .... du Leonardo Da Vinci-Simpson


avatars: The Simpsons: Homer Simpson: Da Vinci: Man

samedi 22 octobre 2011

Vous avez entre 18 et 30 ans : montez votre équipe pour la prochaine grande collecte des banques alimentaires les 25 et 26 novembre 2011

Où vivent les Français? (INSEE)

Le 18 octobre 2011 l'INSEE a publié sur son site internet un dossier sur les territoires (Le nouveau Zonage en Aires Urbaines de 2010). On y apprend que 95% de la population française vit sous l'influence des ville.

Voici le résumé de l'INSEE:

"61 millions de personnes, soit 95 % de la population, vivent sous l’influence de la ville. Pour l’essentiel, il s’agit de personnes résidant dans des aires, zones d’échanges intensifs entre les lieux de domicile et de travail. Les aires sont composées d’un pôle, ville concentrant au moins 1 500 emplois, et le plus souvent d’une couronne. Ces aires structurent le territoire français et englobent la moitié des communes : 85 % de la population y réside. 60 % de la population, soit 37,8 millions d’habitants, réside au sein même des pôles des grandes aires urbaines. Ces grands pôles constituent le cœur de l’urbain, avec plus de 800 habitants par km², soit huit fois plus que la moyenne nationale.

En dehors des aires, 11 000 communes sont multipolarisées, sous l’influence de plusieurs aires sans qu’aucune ne prédomine : 10 % de la population y réside. Signe des nombreuses interactions entre villes et campagnes, les trois quarts des communes rurales sont sous influence des villes, dans lesquelles réside un habitant sur cinq.

Hors influence des villes, on trouve 5 % de la population dans 7 400 communes rurales ou petites villes"


vendredi 21 octobre 2011

Information nutritionnelle vers un système de type Energy Star® ou A B C D E ?

From the Institute of Medicine (USA) 10 / 20 / 2011

En substance, l'IOM propose un changement drastique de l'information nutritionnelle présentée sur les produits. Il constate que celle-ci présente des défauts rédhibitoires. Il suggère l'adoption d'un système comparable à celui mis en oeuvre aux USA pour la consommation énergétique des appareils ménagers (Système ABC en France). L'absence d'étoile signifierait que le produit serait "nutritionnellement incorrect". Avec 3 étoiles, un produit serait considéré comme nutritionnellement excellent. Il est à parier que les débats à venir seront intenses et que ce débat ne manquera pas de toucher l'Europe.


Ci-dessous le résumé du rapport
Front-of-Package Nutrition Rating Systems and Symbols: Promoting Healthier Choices

Over the past ten years, a variety of nutrition symbols and ratings systems have found their way to the front of food packaging—all aimed at providing consumers with information about the nutritional value and overall healthfulness of the product inside. Although their purpose is to simplify the choices for consumers, making it easier for people to make healthful selections, these “front of- package” (FOP) labels may result in more confusion among purchasers.

In light of the persistent disconnect between dietary recommendations and Americans’ actual diets, Congress directed the Centers for Disease Control and Prevention (CDC) to undertake a study with the Institute of Medicine (IOM). The Food and Drug Administration (FDA) and the Center for Nutrition Policy and Promotion in the U.S. Department of Agriculture (USDA) later joined as sponsors. The IOM appointed a committee to the task, which was split into two phases: 1) to analyze current nutrition rating systems and the scientific research that underlies them, which took place in Phase I, and 2) to outline the benefits of a single, simple food guidance system on the front of packages that best promotes health and will be useful to consumers—the subject of this report.

The committee concludes that it is time for a fundamental shift in strategy, a move away from systems that mostly provide nutrition information without clear guidance about its healthfulness, and toward one that encourages healthier food choices through simplicity, visual clarity, and the ability to convey meaning without written information. An FOP system should be standardized and it also should motivate food and beverage companies to reformulate their products to be healthier and encourage food retailers to prominently display products that meet this standard.

Characteristics of a Model Front-of-Package System

The underlying concept of a model FOP system is similar to that behind the Energy Star® program. This successful government-run labeling system uses a simple symbol to identify equipment and materials that meet certain standards of energy efficiency. The IOM committee found that FOP systems that are simple and easy to understand are more effective at encouraging healthier product choices, particularly when consumer must choose among many types of products.

The committee describes a successful FOP symbol system as:

  • Simple: not requiring specific or sophisticated nutritional knowledge to understand the meaning
  • Interpretive: nutrition information provided as guidance rather than as specific facts
  • Ordinal: offering nutritional guidance by using a scaled or ranking system
  • Supported by communication: with readily remembered names or identifiable symbols

Recommendation for an FOP Symbol System

The committee recommends that the FDA and the USDA develop, test, and implement a single, standard FOP system to appear on all products, replacing any existing system. The system should have the following characteristics:

  • One simple, standard symbol translating information from the Nutrition Facts panel (NFP) on each product into a quickly and easily grasped health meaning, making healthier options unmistakable
  • Displays:
    • Calories in common household measure serving sizes (shelf tags to be used on bulk items such as fruits and vegetables as well as packaged goods)
    • Zero to three nutritional “points” (for saturated and trans fats, sodium, and added sugars)
  • Appears on all grocery products, allowing consumers to compare food choices across and within categories (determination for universal implementation of the symbol system must be preceded by consumer testing and conducted in conjunction with education and promotion program)
  • Appears in a consistent location across products
  • Practical to implement by being consistent with existing nutrition labeling regulations
  • Integrated with the NFP so that the FOP symbol system and the NFP are mutually reinforcing
  • Provides a non-proprietary, transparent translation of nutrition information into health meaning
  • Made prominent and useful to consumers through an ongoing and frequently refreshed program of promotion integrating the efforts of all concerned parties

For products not meeting the eligibility and qualifying criteria for an FOP symbol, the system should display calorie and serving size information.

Nutrient Components and Criteria for Measuring Them

According to the report, calories in household servings should appear on all products. Saturated and trans fats, sodium, and added sugars should form the basis of the symbol system. The committee developed an approach to evaluate saturated and trans fats, and sodium—nutrients strongly associated with the most pressing diet-related health concerns, and added sugars, which the 2010 Dietary Guidelines for Americans recommends that consumers reduce or avoid. The criteria for evaluating nutrients for the system should be transparent and non-proprietary and should be based on widely available evidence. The committee’s process for evaluating these nutrients in an FOP system occurs in two steps:

  1. Eligible or not? If a food or beverage contains any one of the critical nutrients in amounts above a threshold limit, the product is not eligible for earning FOP “points”—an indicator of whether a critical nutrient met defined criteria.
  2. If eligible, for how many points? A product that is eligible is evaluated for FOP points for saturated and trans fats, sodium, and added sugars based on qualifying criteria that assess amounts of the nutrient. If one, two, or all three nutrients are present in a small enough quantity to meet the qualifying criteria, the product earns one, two, or three FOP points, respectively. For example, 100 percent whole wheat bread could earn all three points, graham crackers could earn two points for fats and sodium, and an oat and peanut butter bar could earn one point for sodium. The more points earned, the more a product helps consumers avoid harmful amounts of these nutrients, which have been linked to obesity, diabetes, and high blood pressure among other illnesses.
Next Steps

Once implemented, the FOP system should be regularly monitored and evaluated in order to continually improve its success in directing consumers’ food purchases toward healthier choices. Implementation of the system should include a multi-stakeholder, multi-faceted awareness and promotion campaign that includes ongoing monitoring, research, and evaluation. Determination for universal implementation of the symbol system must be preceded by consumer testing and conducted in conjunction with education and promotion program.

Conclusion

The time has come for a fundamental shift in the way information about the healthfulness of foods is presented on the front of food packages. The IOM recommends a single, standardized FOP system that can be easily understood by most consumers and that would appear on every product. Ultimately, a new FOP system that helps both simplify and clarify the information provided about foods could help bring to an end the confusion that many people have about food choices— resulting in more informed and healthier decisions.

Institute of Medicine est la section des académies américaines des sciences pour les questions de santé.


Le salon du chocolat

Du 20 octobre au 24 octobre se déroule à Paris, porte de Versailles, le salon du chocolat. Ouverture: tous les jours de 10h à 19h. Prix d'entrée : 12,50€ pour les adultes.

Ce 17ème salon met la pâtisserie à l'honneur dans un esprit baroque.

jeudi 20 octobre 2011

Les Gouttes de Dieu #21

Cette semaine les amateurs de ce manga sur le vin ont découvert sur les étagères de leurs libraires favoris le 21ème épisode de cette saga. Un moyen agréable de découvrir les vins, les terroirs et les plaisirs de la dégustation.

Les gouttes de dieu a été récompensé lors du dernier Japan expo (un salon sur la culture japonaise qui se déroule en France tous les ans au début du mois de juillet) dans la catégorie "Seinen." Les Seinen, qui signifie jeunes hommes en japonais, est un manga dont la cible est essentiellement composée de jeunes hommes (moins de 30 ans).



L'effet dose remis en question par une recherche de l'INRA

L'Institut Nationale de la Recherche Agronomique (INRA) a publié hier les résultats de travaux de leur unité de recherche mixte "toxicologie alimentaire" de Toulouse. L'étude réalisée sur des souris adultes recherchait une meilleure compréhension des répercussions sur le foie d'une exposition prolongée à de faibles doses de Bisphénol A, c'est à dire jusqu'à 10 fois inférieure à la dose journalière admissible.

L'INRA nous apprend que le Bisphénol A est considéré comme un perturbateur endocrinien, car il est capable de miner en partie l'action des oestrogènes, les hormones sexuelles féminines. Des études récentes montrent qu'il est également capable de stimuler la production d'insuline par le pancréas et de favoriser le développement de tissu adipeux. Il serait donc non seulement un perturbateur endocrinien, mais également un perturbateur du métabolisme énergétique.

Les chercheurs ont découvert que, contrairement au dogme de l'effet dose, les effets des expositions à de faibles doses sont supérieurs à ceux obtenus avec des doses plus importantes.

Ces travaux établissent que la mesure des effets métaboliques de ces perturbateurs endocriniens, à faible dose, constitue un complément opportun aux procédures d’évaluation et de surveillance de ces produits, pour évaluer plus complètement les risques associés aux expositions de l’Homme et des animaux.

Le Bisphénol A est considéré comme un contaminant alimentaire. L'INRA nous apprend que le Bisphénol A (BPA) est un composant largement utilisé dans la fabrication industrielle des récipients en plastique de type polycarbonate, tels certains biberons. On le retrouve également dans les résines des revêtements intérieurs de boîtes de conserve pour aliments ou canettes de boissons. Or le BPA peut migrer de ces plastiques et résines vers l’aliment contenu, spontanément à très faibles doses et surtout si ce dernier est chaud. On le retrouve dans les urines, le sang et le liquide amniotique d’une grande majorité de la population européenne. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) –aujourd’hui Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES)- ont à ce propos défini une dose journalière acceptable (« DJA ») de 0,05 milligramme/kg de poids corporel. Il pénétrerait également l'organisme par la peau. Le Bisphénol A est présent dans les tickets de caisse et les reçus des cartes de crédit.

mercredi 19 octobre 2011

Agriculture hors sol : la production de salade (vidéo de SoCal)

Voici une seconde vidéo de SoCal. Il s'agit d'une interview "sur site" du professeur Terry Fujimoto sur la culture hydroponique des salades vertes. La première vidéo, le carnet du mercredi 19 octobre 2011, présentait la plus grande exploitation mondiale hors sol.

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Agriculture hors sol : la production de tomate (vidéo de SoCal)

Cette vidéo nous permet de découvrir la plus grande ferme hors sol du monde. Elle est localisée aux USA en Californie. Les pesticides, les fongicides, les insecticides ne sont plus nécessaires... L'environnement est contrôlé et l'eau recyclée.

Après une période de sècheresse de plus de 7 ans, les ambiances contrôlées offrent aux agriculteurs californiens une alternative intéressante à la culture en plein champ.

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Il semblerait que la culture hydroponique croisse à environ 10 % par an. D'après Bart King (de CleanTech Communication), elle permet d'obtenir avec une plus grande des produits proches des attentes des consommateurs. Ainsi 98 % des tomates élevées avec la méthode présentées dans la vidéo sont conformes au cahier des charges, alors que la conformité n'est qu'environ 50 % pour les tomates élevées selon les méthodes traditionnelles. La production de tomates est de plus de 100 kg au m2. La serre (modèle Ultra-Clima) est la première serre à énergie neutre au monde. Elle a été mise au point par Kubo, une entreprise hollandaise.


mardi 18 octobre 2011

Que ferait Google à votre place?

La méthode Google. Que ferait Google à votre place ? de Jeff Jarvis (avec une préface de Franck Riboud, CEO de Danone).

 
Ce livre pose une question particulièrement intéressante. Si Google était dans votre industrie, que ferait Google à votre place ? C'est une question que tous les professionnels d'un secteur devraient se poser. Pourquoi donc ?
 
Google a été fondé en 1998 en Californie par Larry Page et Sergey Brin autour d'un moteur de recherche éponyme. Il y a quelques jours sa capitalisation était de plus 190 milliards d'USD. Une performance que l'on peut, sans trop se tromper, qualifier de succès ! Un succès que l'on aimerait bien pouvoir dupliquer. En nous aidant à mieux apprécier les fondamentaux du modèle d'affaire de Google et ceux d'autres entreprises, Jeff Jarvis nous permet de faire un premier pas dans la direction d'une réponse à cette question.
 
 
Mais uniquement un premier pas ! Aux lecteurs de construire l'histoire. Ce n’est pas un affaire aisée. 
 
 
À découvrir. Le livre est maintenant disponible au format poche.
 
 
 

lundi 17 octobre 2011

L'abeille sentinelle de l'environnement

Dans un précédent carnet sur Robobee (un projet de robot abeille pollinisateur de l'université d'Harvard) j'évoquais le syndrome d'effondrement des ruchers dont les abeilles, les apiculteurs et tous les agriculteurs dont la production dépend de la pollinisation des abeilles sont victimes.
 
Différents programmes ont été mis en œuvre pour lutter contre ce syndrome, comme celui présenté dans ce carnet.
 

Le programme "Abeille, Sentinelle de l'environnement" mis en place par l'UNAF (Union Nationale de l'Apiculture Française) permet aux entreprises, collectivités ou particuliers de participer, de différentes manières, à la sauvegarde des abeilles. Ainsi, le centre commercial le Millénaire d'Aubervilliers a rejoint ce programme et installé six ruches sur son toit en septembre 2011. La Maison Méditerranéenne des Vins soutient également la sauvegarde de l’abeille et installe des ruches sur les toits de ses bâtiments aux portes de la Camargue au Grau-du-Roi.
 

Ces opérations, non lucratives, permettront de créer un lien entre le public et l'abeille et d'apporter une meilleure connaissance de cet insecte et de son rôle essentiel dans la préservation de nos ressources alimentaires comme de notre biodiversité. L'UNAF, en partenariat avec l'INRA, organise également des APIdays pour sensibiliser le public. Ces journées sont habituellement organisées à la fin du printemps.

Pour en savoir plus sur le Syndrome d'Effondrement des ruches, vous pouvez consulter la vidéo ci-dessous.
 

 
Cette séquence est la première partie d'un documentaire d'Ananda et Dominique Guillet réalisé en 2008. Les autres séquences sont disponibles sur YouTube.

dimanche 16 octobre 2011

Art et Alimentation : Théodore Géricault & la Bière Primus


Publicité probablement inspirée du
Radeau de la méduse
de Théodore Géricault (1791 -1824).

La Méduse, une frégate Française, fait naufrage en 1816. Une partie de son équipage s'embarque sur un radeau, alors que les passagers sont installés sur des canots et des chaloupes.

Géricault peint se tableau entre 1817 et 1818.

La bière Primus mise en scène dans la publicité est produite par Schincariol, un brasseur brésilien. Mais c'est une marque que l'on trouve également dans d'autres pays.


A boire avec modération...



samedi 15 octobre 2011

Prix AREA 2012

Vous avez réalisé une thèse ou un mémoire en économie agro-alimentaire ? Déposez votre dossier avant le 31 décembre 2011 et tentez de gagner l’un des 3 prix de 2500 euros remis par un jury prestigieux.


La semaine du goût : 17 au 23 octobre


Comme tous les ans le site de la semaine du goût ne parle pas vraiment du goût : dommage ! Par contre, il nous invite aux expériences gustatives : évènements pour découvrir les produits, des recettes de cuisine ou des histoires sur ce thème.

Le goût ne se limite pas exclusivement à une affaire de découverte du plaisir gustatif par l'expérience. Dans un cahier de Perspectives en agroalimentaire, j'avais évoqué l'importance pour les acteurs de l'agroalimentaire de soigner les mots ! Si l'on ne dispose pas des mots pour reconnaître les saveurs, les textures, les odeurs ou les couleurs, alors on ne peut donner toute son ampleur, sa richesse, à une quelconque expérience gustative. Dans le cahier Soigner les mots ! deux schémas neurologiques associés aux processus organoleptiques sont présentés. Une voie courte, celle du plaisir, est associée à une voie longue. Celle-ci, contrairement à la précédente, fait appel à nos connaissances, donc aux mots et à leur signification, et à notre mémoire des évènements. Il suffit de se remémorer la petite madeleine de Marcel Proust pour comprendre combien une simple expérience gustative peut déclencher un torrent de souvenir :

Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés depuis si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des autres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.


Une évocation qui contraste avec un "C'est trop bonnnn !" qui malheureusement est le seul souvenir que l'on s'apprête à garder d'une belle expérience, lorsque les mots nous manquent pour dire et se souvenir.

vendredi 14 octobre 2011

Le logo "Point Vert"

Quel est donc ce logo ? Indique-t-il que le produit soit recyclable ? S'agit-il d'un label de qualité ? Dans les deux cas, la réponse est négative !

Ce logo indique que l'entreprise apporte sa contribution financière au processus de traitement des emballages des produits par l'intermédiaire de la société Eco-emballages. Cette Société Anonyme a été créée en 1992 à l'initiative d'un groupe d'entreprises de produits de grande consommation. Elle propose aux entreprises qui sont tenues de contribuer ou de pourvoir à la gestion de l'ensemble de ses déchets d'emballage par les collectivités territoriales de prendre en charge leurs obligations. Les fonds ainsi obtenus par Eco-Emballages sont reversés aux collectivités locales et servent à la mise en place de la collecte sélective des emballages des ménages, partout en France.

Quel est le barème de la contribution des entreprises ?


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A quoi sert votre contribution?


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jeudi 13 octobre 2011

Mythologies péri-alimentaires (4)

Ce carnet est la suite de Mythologies péri-alimentaires (3)

En 2007, en hommage à Roland Barthes, sous la direction de Jérôme Garcin plus de 40 écrivains prenaient la plume pour partager leurs mythologies. Du speed-dating au plombier polonais, de l'iPod au GPS ou encore de la délocalisation au vélo en ville, ces nouvelles mythologies sont autant de reflets de notre société en ce début de 21e siècle.

L'agriculture et l'alimentaire y font déjà une belle figure avec la mythologie de La Garigette, Les OGM, Le phénomène Ducasse, La capsule Nespresso ou bien avec Le sushi. Mais Nouvelles Mythologies proposent aussi à ses lecteurs d'intéressants récits pour ceux, qui intéressés par le secteur de l'agroalimentaire, souhaiteraient mieux comprendre de manière holistique la société et les phénomènes qui l'animent : La délocalisation, Le vélo en ville, La fièvre de l'authentique, Le déclinisme, La passion des sondages, Les bobos, etc.

J'ai sélectionné de Nouvelles Mythologies Le sushi de Jean-Paul Dubois parce qu'il assure un lien avec les Mythologies que Roland Barthes publiait en 1957.

Le sushi

Jean-Paul Dubois

Comment sommes-nous si vites passés des beurres noirs de Curnonsky à l'épure des nigiris ? Des assiettes de charcuterie aux bouchées des malis ? De la viande de souche aux sachets de sushis ? C'était comme si, après avoir tant mastiqué les entrailles du monde, il s'était abandonné, les mâchoires repues, aux langueurs de la diète, se contentant d'un filet d'algue, d'une noix d'amidon et d'un brin de phosphore. En 1957, Roland Barthes écrivait : « Manger le bifteck saignant représente donc à la fois une nature et une morale [...] La frite est le signe alimentaire de la « Francicité ». » Cinquante ans plus tard, le sushi signe la fin des haricots, l'abandon des huiles bouillantes et la carne rougie au fer de la patrie. Hors du charnier natal, ce vieux pays erre donc désormais au grès des appétits rétrécis flairant distraitement les gamelles du monde. En ce moment la mode est au régime sec, à l'hygiénisme coronarien, au fildéférisme anodisé et à la flûte de shakuhachi (instrument de 54,5 centimètres dont l'échelle de base est ré, fa, sol, la, do) assaisonnée d'un filet de feng shui. Et ce n'est donc pas au hasard si, au gré des recettes, l'on vous précisera toujours les bienfaits de cette nouvelle « jouvence de l'abbé Sushi » : les poissons, ici roulés, sont riches en oméga 3 (acides gras polyinsaturés), le riz regorge de vitamine B1, le soja est le gingembre ont des vertus antiseptiques, le soja ruisselle de calcium tandis que le wasabi, dans sa virulence moutardière, prévient la formation des caries. Il n'en fallait pas davantage pour que cette terre de « francicité », jadis infestée par la goutte, et aujourd'hui en proie au doute, succombe à la savante pharmacopée d'une ordonnance nippone ni mauvaise.

(A suivre ...)

Faites nous part de vos mythiques histoires alimentaires.

mercredi 12 octobre 2011

Réforme de la Politique Agricole Commune

De la Commission européenne (mercredi 12 octobre 2011)


La réforme de la politique agricole commune envisagée par la Commission européenne vise à assurer l'approvisionnement alimentaire, à préserver l'environnement et à garantir le développement durable des zones rurales.

Les changements qui devraient intervenir après 2013 ont pour but d'aider les agriculteurs à s'adapter à l'évolution des besoins du marché et de garantir un approvisionnement alimentaire durable.

Ces propositions entendent exploiter au mieux les fonds disponibles en encourageant les agriculteurs à se montrer plus compétitifs, ce qui permettrait aux consommateurs de bénéficier d'une alimentation de qualité au prix le plus juste.

Les mesures sont les suivantes:

  • rendre les aides plus justes, plus simples et plus ciblées: l'aide de base sera réservée aux agriculteurs en activité et plafonnée à 300 000 euros par exploitation et par an, et elle sera distribuée de façon plus équitable entre les agriculteurs, les régions et les États membres;
  • aider les agriculteurs à réagir à la volatilité des prix et de la demande, notamment en accélérant les interventions en cas de crise;
  • réserver 30 % des paiements directs pour les pratiques écologiques: diversification des cultures, maintien de pâturages permanents et préservation des zones naturelles et des paysages;
  • cibler davantage la recherche et l'innovation: doubler le budget de recherche-développement, soutenir des projets de recherche pertinents pour les agriculteurs et accélérer la mise en pratique des travaux scientifiques;
  • renforcer la position des agriculteurs en soutenant les organisations de producteurs et en développant les circuits courts entre producteurs et consommateurs (moins d'intermédiaires);
  • encourager les démarches agro-environnementales, afin que la lutte contre le changement climatique et l'utilisation efficace des ressources soient des priorités dans les zones rurales;
  • rajeunir la profession en proposant une aide aux agriculteurs de moins de quarante ans, pendant les cinq premières années de leur activité;
  • stimuler l'emploi rural et l'esprit d'entreprise, par exemple en octroyant un financement allant jusqu'à 70 000 euros sur une période de cinq ans pour des projets de dimension modeste;
  • éviter la désertification en soutenant davantage les agriculteurs établis dans des zones présentant des handicaps naturels;
  • réduire les formalités administratives en simplifiant les mécanismes, notamment pour les petits agriculteurs, qui recevraient un paiement forfaitaire annuel allant de 500 à 1 000 euros par exploitation.

Grâce aux réformes précédentes, la proportion du budget de l'UE consacrée à la PAC est passée de 75 % à 41 %. Ces nouvelles propositions permettraient d'utiliser les fonds disponibles d'une façon plus ciblée et plus efficace.

Elles devraient entrer en vigueur en 2014, après approbation par le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne (qui réunit les ministres nationaux).



Mythologies peri-alimentaires (3)

Extraits alimentaires de Mythologies de R. Barthes.

Sur le Vin :

Le vin est pour les Français une boisson-totem, correspondant au lait de vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la famille royale anglaise. Le vin est doté d’un fort pouvoir de conversion, de transmutation, capable de retourner les situations et les états, et d’extraire des objets leur contraire. Ses pouvoirs sont en apparence plastiques puisqu’ils changent selon l’usager. Pour l’intellectuel, le petit vin est synonyme de délivrance, d’abandon du monde artificiel (des cocktails), de passerelle vers une virilité naturelle, etc. Par contre pour le travailleur, le vin donne du « cœur à l’ouvrage » ; il est énergie, force vitale, facilitateur.
Croire au vin est un acte collectif contraignant. Celui qui tenterait de s’en échapper devrait s’en expliquer et s’exposerait à l’excommunication nationale. Pour celui dont le savoir boire est affirmé, le vin est intégrateur dans la communauté et qualificateur ; il sert au buveur de vin expérimenté à prouver à la fois son pouvoir de performance, son contrôle et sa sociabilité.[…] En France, l’ivresse est conséquence, jamais finalité.


Pour Roland Barthes, le lait est le contraire du vin.

Sur le Lait :

[…] le lait est contraire au feu par toute sa densité moléculaire, par la nature crémeuse, et donc sopitive , de sa nappe ; le vin est mutilant, chirurgical, il transmute et accouche ; le lait est cosmétique, il lie, recouvre, restaure. De plus sa pureté, associée à l’innocence enfantine, est un gage de force, d’une force non révulsive, non congestive, mais calme, blanche, lucide, tout égale au réel.

Sur le Bifteck :

Le bifteck participe à la même mythologie sanguine que le vin. C’est le cœur de la viande, c’est la viande à l’état pur, et quiconque en prend, s’assimile la force taurine. […] Manger le bifteck saignant représente donc à la fois une nature et une morale. Tous les tempéraments sont censés y trouver leur compte, les sanguins par identité, les nerveux et les lymphatiques par complément. Et de même que le vin devient pour bon nombre d’intellectuels une substance médiumnique qui les conduits vers la force originelle de la nature, de même le bifteck est pour eux un aliment de rachat, grâce auquel ils prosaïsent leur cérébralité et conjuguent par le sang et la pulpe molle, la sécheresse stérile dont sans cesse on les accuse. La vogue du steak tartare, par exemple, est une opération d’exorcisme contre l’association romantique de la sensibilité et de la maladivité […].

Sur la Frite :

La frite est le signe alimentaire de la « Francité ».

(A suivre ...)

Faites nous part de vos mythiques histoires alimentaires.

mardi 11 octobre 2011

Mythologies peri-alimentaires (2)

Ce carnet est la suite de Mythologies péri-alimentaires (1)

Un mythe est simplement une histoire, un récit dont l’objectif est, nous disent les spécialistes, de nous rendre intelligible le monde. Mais le Mythe n’explique pas, tout du moins il n’explique pas directement. Il expose de manière subtile, il suggère. Son influence sur nos comportements peut être redoutable.

Quel est le mode opératoire du mythe ? Lors d’une rencontre, il y a plusieurs mois déjà, Marie Marquis, Professeure à la Faculté de Médecine –Nutrition de l’Université de Montréal, nous avait fait part de son questionnement sur l’effet des publicités alimentaires sur le comportement alimentaire des jeunes mères canadiennes. En cette occasion, elle évoqua alors plus particulièrement l’évolution de la représentation de l’enfant dans les publicités alimentaires au Canada.

De gentleman gastronome en culotte courte, celui-ci était devenu progressivement un méchant « petit monstre » avide de nourritures.

On peut se poser la question de savoir quels pourraient être les effets potentiels de cette représentation des enfants dans la publicité sur de jeunes mères, même si cette représentation reste largement inconsciente.

Cette représentation appelle la figure maléfique de l’ogre. L’enfant est-il devenu un petit ogre moderne que l’on doit abondamment et surtout rapidement sustenter ? Par cet acte libérateur, la mère préserve alors sa tranquillité. Cependant, si la figure de l’ogre surgit, alors la jeune maman pourrait être impactée, même inconsciemment, par la symbolique de l’ogre, un personnage fréquent de la mythologie ou les contes pour enfant (peut-être pas toujours pour les enfants d’ailleurs).

Dans la mythologie, l’un des premiers ogres est le dieu Cronos. Il est le plus jeune des 12 titans, les enfants d’Ouranos (le ciel) et de Gaia (la terre). Il dévore inlassablement ses enfants, car on lui avait prédit, qu’il serait détrôné, à son tour, par son propre fils. Souhaitant conserver son trône, c'est-à-dire son pouvoir, il ne peut alors que dévorer ses enfants. Symboliquement, l’Ogre représente la figure du père qu'il faut abattre pour devenir un adulte. Notons que Cronos ne se contente pas d’occire ses enfants pour préserver son trône, mais qu’il les dévore.

Lorsque l’on évoque la figure de l’ogre, un des contes de ma mère l’Oye de Charles Perrault revient souvent en tête : celui du petit poucet. Comme dans beaucoup de mythes, celui du petit poucet est un emblème de la victoire de l’intellect sur les forces brutes de la nature, du contrôle humain sur notre animalité primitive. Que surgisse à l’esprit d’une jeune maman, l’un des deux mythes ou bien encore un autre, c’est probablement le sentiment de la délivrance qui fera jour. La marque apparaîtra alors comme le moyen, le médiateur, de cette émancipation maternelle, et toute naturelle, des forces dévorantes de la jeune nature.

Il y a, à mon sens, une grande distance entre suggérer que la marque se propose de nourrir les passions gustatives naissantes d’un gentleman gastronome en culotte courte et de suggérer qu'elle apporte une solution aux appétits voraces d’un ogre. Education ou libération ? Le mythe véhiculé par la publicité peut éventuellement être un facteur déterminant de la formation de nos représentations mentales, y compris en ce qui concerne la « normalité » de nos comportements et ceux de nos enfants. Ces représentations pourraient servir de modèles, et possiblement influencer inconsciemment nos comportements. Cette influence peut se faire sous la forme d’une acceptation, consciente ou inconsciente, du modèle suggéré ou au contraire d’un rejet de ce modèle, qu’il soit conscient ou inconscient.

Elisabeth Badinter a récemment souligné combien la représentation qu’une femme pourrait avoir d’elle-même est possiblement conditionnée par de subtiles (ou mais aussi souvent pas toujours subtiles) influences. Elle met par exemple en exergue le sentiment de culpabilité que les mères sont susceptibles d’éprouver si l’on imposait une taxe aux couches culottes jetables pour des raisons écologiques.( Elisabeth Badiner : Le conflit, la femme et la mère, 2010.)

Bien évidement la marque, en devenant une composante d’un récit publicitaire, va également être affectée par les autres composantes du récit, par l’image des personnages représentés dans la publicité, par les symboles qui s’y intègrent, la musique, etc. Dans tous les cas, elle sera, au travers de la publicité, associée aux représentations mentales que le récit publicitaire fait surgir comme celles de l'enfant ou de la mère que nous venons de brièvement exposer.

A suivre ....

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