jeudi 22 février 2018

Amazon Prime Air - plus de 80 brevets

Si nous avons tous en tête quelques images ou vidéos de livraison de colis par drones, et si nous pensions que cela s'apparentait à de la science-fiction, il suffit de passer quelques instants à étudier les 80+ brevets d'Amazon technologies Inc. pour se rendre compte que Science fiction est en train de devenir réalité. Tous les brevets ne portent pas sur les drones, mais sur un écosystème complet, avec des droneports  (je ne sais pas si ce terme existe), mobiles ou fixes, des systèmes assurant la sécurité, des mécanismes de transmission, des techniques pour s'assurer de l'équilibre de l'arrimage, etc. 


Les essais ont déjà débuté depuis plusieurs mois..... À quand les prochaines livraisons en France ? Une solution pour nos centres-villes embouteillés et un moyen de supprimer des livraisons terrestres qui bloquent la circulation et sont souvent polluantes ! 





mercredi 21 février 2018

Histoire de Boissons - L'une chasse l'autre - Saloop, Bière et ... !

Vers 1657, une nouvelle boisson fit son apparition en Angleterre. [À une période, sa demande] crût de telle manière que les brasseurs furent préoccupés par la chute de leurs ventes, et même les politiques qui constataient que la baisse des recettes des impôts perçus sur la bière. Le sujet prit une telle importance qu’il fut discuté au Parlement en 1673, une grande pression étant exercée sur les députés pour interdire la nouvelle boisson. Ne pouvant la prohiber, ils se contentèrent de la taxer davantage. C’est presque 50 ans plus tôt que cette boisson faisait son entrée en Europe. Importée par l’Italien Francesco Carletti, elle débuta sa carrière européenne dans l’entourage du Duc de Toscane, puis gagna l’Autriche, où régnait alors une des cours les plus riches d’Europe, qui s’adonna au plaisir de ce breuvage et lança véritablement la mode de sa consommation. En 1615, Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, apporta l’usage de cette boisson en France. Louis XIV, qui prisait fort cette boisson, l’imposa définitivement à la cour française. Sa consommation ne cessa pas d’augmenter – l’exemple ne venait-il pas de la cour même du Roi Soleil ? En 1641, Johan Georg Volchamer développa sa consommation en Allemagne. Elle fit son apparition en Hollande en 1660… 

Le voyage des plantes, Ferrao (2015) 


Cette boisson dont j’ai, jusqu’à présent, pris soin de cacher au lecteur le nom était le chocolat. Aujourd’hui, personne ne suspecterait une boisson au chocolat de menacer la bière. 

Mais, l'histoire nous apprend que la bière n'a pas été la seule boisson menacée par le chocolat. Le Saloop était également une boisson chaude, à base de Salep, un tubercule d'orchidée. Cette boisson a été importée en Grande-Bretagne à partir de la Turquie (région d'Izmir). Les tubercules sont séchés, puis broyés. Et leur farine est alors utilisée pour produire la boisson. 
Cette boisson est encore aujourd'hui consommée en Turquie.

Histoire de produit de substitution ? Probablement ! Aliment fonctionnel ? Probablement ! Regardez attentivement l'image des tubercules de cette orchidées du genre Orchis. Elles ressemblent étrangement à des testicules. Chocolat et Saloop possèdent, parait-il, des vertues revigorantes (Le salep est inscrit dans plusieurs pharmacopées anciennes, comme ingrédient d'une préparation aphrodisiaque).  

mercredi 31 janvier 2018

Pacte Citoyen de l'Alimentation - Proposition de Jérôme Caillerez, un paysan saturnien

Chers Lecteurs,
Je cède aujourd'hui la plume  à Jérôme Caillerez, pour la présentation de son Pacte Citoyen de l'Alimentation. Jérôme est éleveur dans la somme.

Le Pacte Citoyen de l’Alimentation

Parce que l’alimentation est au cœur de nos vies de citoyens, il faut un contrat moral et social
qui engage la Nation envers ceux qui la nourrissent et inversement :


  1. Pour que partout les paysans puissent vivre dignement de leur travail 
  2. La transparence sur les marges et le prix payé au producteur tu observeras attentivement
  3. Sur le prix le plus bas tu ne focaliseras pas toujours mais sur la qualité
  4. La valeur ajoutée tu répartiras équitablement tout au long des filières
  5. Ainsi par des emplois non délocalisables tu assureras le dynamisme des territoires
  6. La traçabilité et la sécurité sanitaire de la fourche à la fourchette tu exigeras assurément.
  7. La diététique de cette première médecine tu vulgariseras
  8. Le goût de l’authentique et les saveurs de terroir tu favoriseras
  9. L’approvisionnement des cantines tu garantiras au moins pour moitié en produits locaux.
  10. Le gaspillage alimentaire tu éviteras et pour comprendre que la nourriture a une valeur :
  11. La gratuité des denrées alimentaires tu interdiras dans les étals en promotion
  12. Le surplus tu donneras aux associations caritatives
  13. Les tendances alimentaires et les rites confessionnels de chacun tu respecteras
  14. L’environnement et la biodiversité tu préserveras
  15. De tous ces beaux paysages cultivés tu t’émerveilleras
  16. Le bilan carbone de l’étable à la table tu amélioreras sans cesse vers la neutralité
  17. De la condition animale mais aussi du bien-être des éleveurs tu te soucieras
  18. Par l’aide au développement et la paix tu réduiras la faim dans le monde et les migrations
  19. A la souveraineté alimentaire de la Nation tu veilleras stratégiquement
  20. Nos traditions culinaires et notre gastronomie tu transmettras
  21. Avec tous ces bons produits issus de la terre et de la mer tu cuisineras
  22. Ainsi par le partage et la convivialité, tu perpétueras cet art de vivre à la française.
  23. Avec une alimentation saine, sûre et durable : à table, citoyens !

dimanche 28 janvier 2018

Réduire les promotions ! Est ce une bonne idée ?

Il y a quelques jours Madame Julie Ruiz, journaliste au Figaro, m'a interrogé sur la fin des super promotions, une mesure issue des états généraux de l'alimentation. Vous trouverez ici le lien vers son article en ligne. Les commentaires des lecteurs sont également très intéressants. Je vous invite à les parcourir.

Réduire les promotions : est-ce une bonne idée ? Quels vont être les effets de ces réductions ? Est-ce que les agriculteurs vont mieux gagner leur vie ? Toutes ces questions sont pertinentes, mais y répondre est une véritable gageure.

Pour répondre à ces questions, il me semble important de nous demander si finalement on pourrait faire mieux sans les promotions, mais pour tous : consommateurs, distributeurs, industriels et agriculteurs.  Il n'est pas question dans le format court d'un billet de rentrer dans les détails, c'est pourquoi je vous propose de regarder ces questions en restant partiellement en dehors de la boite et en restant sous le voile de l'ignorance, c'est-à-dire à penser en faisant abstraction de nos propres intérêts. Personnellement, en tant que consommateur, je suis satisfait d'acheter mes marques préférées en promotion plutôt que de payer le prix fort.

Aujourd'hui, de nombreuses filières agroalimentaires françaises sont dans une situation économiquement délicate. L'analyse par la valeur nous invite à nous poser deux questions importantes concernant les promotions. La première : Est ce que les promotions dissipent de la valeur ? Est ce que les promotions peuvent être considérées comme analogue pour la chaleur (la valeur) d'un logement (la filière) à une fenêtre malencontreusement laissée ouverte (la promotion) pendant la journée alors que le chauffage marche et que les résidents sont sortis. Si l'analogie était satisfaisante, nous serions tous enclins à penser qu'il faut arrêter les promotions (fermer la fenêtre). Mais, n'est-ce pas le cas ? Quels sont les effets des promotions ? Tous les effets ! 

Certes, on recommande d'aérer son logis... mais, pas tous les jours la quasi-totalité de la journée. Seulement, quelques minutes par jour! Les promotions ne sont pas nuisibles en tant que telles... mais leur permanence et leur amplitude pourraient l'être ! 

Pour s'assurer que les promotions dissipent de la valeur en dehors des filières... il faut se demander quel est l'équivalent de la chaleur qui s'échappe de la fenêtre restée ouverte. Il s'agit de denrées qui sont produites et que ne seront jamais consommées. Autrement dit, des denrées pour lesquelles la filière a payé, mais qui n'apportent pas au consommateur de bénéfice. Le gaspillage alimentaire semble le candidat parfait. Un (ou plusieurs) des acteurs a dépensé... mais personne n'en tire de bénéfice. Sauf peut-être les entreprises spécialisées dans le traitement des déchets. 

Est-ce qu'il y a un lien entre les promotions et le gaspillage alimentaire ? Certains des commentateurs disent qu'ils ne gaspillent pas. Leurs exemples sont instructifs. Comme moi, ils stockent des produits achetés en promotion pour un usage ultérieur. Mais, ils parlent essentiellement de produits qui ne sont pas périssables. Il est plus difficile de ne pas gaspiller lorsqu'il s'agit de produits périssables. Ce n'est pas impossible, mais c'est plus délicat. Cela demande une bonne planification. 

Il est donc concevable que les promotions n'engendrent pas de gaspillage pour certains produits, mais il est tout aussi concevable qu'elles produisent un gaspillage... et puis les consommateurs ne sont les seuls concernés. Le gaspillage touche aussi les distributeurs, les industriels et les producteurs, cependant pas avec la même intensité. Quoi qu'il en soit, il n'est jamais judicieux de s'interdire d'estimer les effets d'une action commerciale sur le gaspillage. 

Si les promotions avaient un impact important sur le gaspillage alimentaire, quel que soit le niveau de la filière,  il faudrait encore penser à un système qui laisse chacun des acteurs mieux sans promotion qu'avec les promotions, les consommateurs incluent. Cette politique est celle pratiquée par Walmart, le premier distributeur mondial : Everyday low price ! Si elle bénéficie à l'enseigne et à ses clients... il n'est pas certain que cette politique de prix (et de refus des promotions) soit également bénéfique aux industriels et aux producteurs. À voir ! 

Il est possible de faire une évaluation rapide (et erronée) du budget d'une filière pour savoir si l'amont trouvera possiblement son compte avec la suppression des promotions. Supposons que sur une valeur totale de 100 euros payés par le consommateur aujourd'hui, on supprime les promotions et disons que le consommateur doit dépenser 105 euros en absence de promotion. On doit alors se demander si les 5 euros de plus laissés par le consommateur dans les filières alimentaires seront suffisants pour rémunérer les agriculteurs et les industriels. Si l'on restreint la conservation de valeur imputable à la réduction des promotions à la filière du produit... cela permet d'envisager la valeur que l'on peut redistribuer. Par exemple, dans la filière laitière qu'elle est la fréquence des promotions, leur amplitude .... est-ce que la valeur estimée des gains sera suffisante pour mieux rémunérer les milliers de producteurs laitiers. À voir !


La littérature scientifique peut éclairer partiellement le lecteur sur quelques effets surprenants des promotions (et montrer la complexité du problème) ou bien encore sur d'autres facteurs à prendre en considération. Alors que l'effet des promotions sur les ventes du produit en promotion sont bien documentées et leur effet en général positif, l'effet des promotions sur les dépenses (le panier) est moins bien documenté. Cependant, les promotions semblent très souvent augmenter la valeur totale du panier. Autrement dit, en achetant moins cher quelques produits, le consommateur achète plus en volume, mais aussi en valeur. Une promotion nous donne l'impression de disposer d'un plus grand revenu que nous pouvons alors allouer à l'achat d'autres produits et elle nous met de bonne humeur. Par exemple, si nous gagnons un euro par l'intermédiaire d'une promotion, il est fréquent que l'on dépense en 5 et 10 euros de plus dans un autre rayon. Mais, cela dépend du moment du  parcours dans le magasin où l'on achète en promotion. En effet, beaucoup de consommateurs établissent une liste de produits à acheter (40 à 60 % des produits d'un panier) et fixent un budget à ne pas dépasser (avec une petite marge discrétionnaire). S'ils achètent un produit sur leur liste en promotion au début de leur parcours dans le magasin, alors qu'ils sont encore loin du budget fixé, ils auront l'impression que leur budget s'est élargi du fait de l'achat en promotion. Par contre, lorsque la promotion est en fin de parcours, lorsque le budget est presque bouclé, ils sont moins enclins à dépenser plus. (Pour être honnête, le processus est plus complexe que cela). Ce qu'il me semble intéressant de garder en tête, c'est que les promotions semblent affecter notre "budget mental" et pas uniquement nos dépenses. Nous sommes confrontés à un nouvel exemple de biais cognitif. En effet,  logiquement si l'on fixe son budget à 100 euros, et que l'on bénéficie de  plusieurs promotions, on peut acheter plus de produits pour 100 euros. Mais, certaines promotions nous donnent l'impression que l'on peut dépenser plus que les 100 euros budgétisés. 

Les biais sont fréquents. J'invite les lecteurs à découvrir le biais de la feuille de salade sur notre manière de compter les calories. 

L'allocation de ce budget "supplémentaire" dépend de la taille du budget disponible. Les personnes disposant d'un budget modeste ont tendance à acheter un produit sur leur liste, mais dans une version de meilleure qualité. Alors que les personnes disposant d'un budget plus important achètent un volume plus important d'un produit sur leur liste, surtout s'il s'agit d'un produit que l'on peut stocker. 




Les carnets du blog les plus consultés

Membres