vendredi 4 août 2017


Date, heure et lieu de l'événement :

Mardi 17 octobre 2017 de 18:30 à 22:00 (heure d’été d’Europe centrale heure : France)

Bpifrance Le Hub
8 Boulevard Haussmann
75009 Paris-9E-Arrondissement
France

Afficher la carte
Partager cet événement :
FacebookTwitterLinkedIn

L'événement FoodTech du Club AgroAlia !

Venez à la rencontre des start-ups, entreprises et partenaires du Club régional AgroAlia.

Programme prévisonnel :

19h15-19h30 : Qu’est-ce que la Foodtech ?
19h30 - 20h30 : 3 table-rondes autour de la thématique FoodTech avec témoignages des entreprises et partenaires
20h30 – 22h00 : Parcours découverte des entreprises, cocktail et networking

Un événement organisé en partenariat avec Bpifrance.
Informations sur le Club AgroAlia : lien

Partagez cet événement sur Facebook et Twitter

Nous espérons que vous pourrez venir !

À très bientôt,
L'éuipe AgroAlia

Acidification des Océans : quels effets sur le comportement des poissons ?

LOST AT SEA ! Tel est le titre de l'article publié en Juin 2017 dans le magazine Scientific American par Danielle L. Dixson, professeur de sciences marines. Il témoigne de l'effet probable de l'acidification des océans sur le comportement des poissons et en fin de compte sur leur comportement et leur survie. Le comportement des poissons, par exemple leur aptitude à se réfugier dans un récif ou un herbier pour éviter les prédateurs ou bien encore leur capacité à sentir les effluves d'une proie sont des dimensions critiques de leur survie dans leur milieu.

Sans les océans qui absorbent 30 à 40 du CO2 atmosphérique, l'accroissement de ce gaz à effet de serre dans l'atmosphère serait bien plus important. Pour rappel, on estime que la concentration de CO2 dans l'atmosphère est passée de 280 ppm au début de la période d'industrialisation à 400 ppm aujourd'hui.  La capture du CO2 par les océans se traduit par leur acidification. On estime que celle-ci s'est accrue de 150 % pendant la même période.  Si les effets de l'acidification sur les mollusques et le plancton avaient été testés au laboratoire - Ils affectent le développement des espèces, la grande majorité des scientifiques pensaient que les poissons qui disposent de mécanismes de régulation plus sophistiqués seraient en mesure de s'adapter. Les expériences réalisées au laboratoire avec différents niveaux d'acidification montrent que ce n'est pas le cas. 


Le poissonclown, le très fameux Nemo du studio Walt Disney, es-t un petit poisson qui au stade juvénile migre pendant la nuit afin d'éviter les prédateurs de la pleine mer vers les récifs où il trouvera un abri dans une anémone. Pour trouver son chemin dans l'obscurité, il dépend de la qualité de son ouïe. Les récifs et leurs habitants produisent des sons qui guident les poissons clowns vers des zones où ils trouvent leurs refuges.

Lorsque les chercheurs testent, en journée, les effets des sons des récifs, les juvéniles, les poissons s'éloignent de la source sonore. C'est ce comportement qui leur permet d'éviter les prédateurs qui sont actifs pendant la journée en bordure des récifs. Par contre lorsqu'ils ont soumis des juvéniles élevés pendant leur courte vie dans une eau 60% plus acide (le taux d'acide probable en 2030),  ils ont observé que presque 50% des juvéniles étaient attiré par les sons. Ils ont répété cette expérience avec différents niveaux d'acidité est observé des phénomènes similaires. Si la vie des poissons n'est pas directement affectée, leur capacité à capturer les signaux de leur environnement et leur comportement sont modifiés. 

Danielle L. Dixon a réalisé d'autres expériences. Par exemple, elle s'est intéressée à estimer l'effet de l'acidification sur l'odorat des prédateurs. L'odeur des proies attire les poissons prédateurs ou des requins. Ils ont découvert aux laboratoires que des requins perdaient leur intérêt pour les effluves d'une proie lorsque l'acidité augmentait, et lorsque celle-ci était trop élevée la même odeur avait une caractéristique répulsive.

Conclusions : le comportement des proies et celui des prédateurs risque d'être profondément altéré par l'acidification des océans. Les effets pourraient être dévastateurs. Cependant, ces tests ne permettent pas d'explorer les capacités d'adaptation du comportement des populations de poissons lorsque l'acidification s'accroit de manière faible mais continue sur une longue période. Espérons !



vendredi 28 juillet 2017

Quel FoodSystem dans 20 ans ? (Video de la ferme digitale)

Table Ronde animée par Marie-Laure Hustache de la Saf Agr'Idée


AvecArmelle Delaage (United Kitchens), Robin Placet (Foodentropie), Jérémie Prouteau (DigitalFoodLab), Stefano Volpi (Connecting Food) 

jeudi 20 juillet 2017

Guerre des mots - Riz de Chou-fleur et autres dénominations - Arrêt de la Cour Européenne de Justice

Depuis quelques années, de nouveaux produits alimentaires utilisent des dénominations traditionnellement réservées à d'autres produits. L'affaire a fait grand bruit aux États-Unis : l'entreprise Hampton Creek a lancé, avec succès, une mayonnaise sans oeuf. Ce produit possède la saveur de la mayonnaise, il est utilisé comme une mayonnaise, mais il ne possède pas les défauts que tout un chacun a tendance à associer à une vraie mayonnaise, à savoir : trop de cholestérol ! Pour l'amateur de mayonnaise authentique, il découvrira avec surprise que Just-Mayo - tel est le nom du produit d'Hampton Creek - contient des protéines de pois et, parait-il, un cocktail de plusieurs extraits végétaux. On estime que le coût de production est d'environ 20 % moins élevé que celui d'une mayonnaise authentique. Ce produit est distribué dans plus de 20000 magasins, dont ceux de la chaine Whole Food et sur Amazon.com. 

Mais un produit peut-il emprunter le nom de mayonnaise s'il ne contient pas d'oeuf ? Pour le groupe Unilever, l'un des premiers producteurs de mayonnaise (Hellmann's), comme pour l'association américaine des producteurs d'oeufs, la réponse est négative ! (Le groupe a d'ailleurs déposé une plainte en 2014). La Food and Drug Administration a quelques mois plus tard autorisé Hampton Creek à conserver son nom de marque. Il est probable que l'opinion publique a placé la FDA devant un dilemme dans l'application de la règle Wording-Meaning. Les allégations sont soumises à cette règle. Alors que les mots peuvent exprimer avec précision les bénéfices d'un produit (Wording), l'élément le plus important est ce que le consommateur comprend (Meaning). Si la dénomination officielle de la mayonnaise impose la présence d'oeuf, les attentes des consommateurs ont primé. Il semble que maintenant la mayonnaise (avec de l'oeuf) soit dénommée "Real Mayonnaise", laissant la porte ouverte à toute une série de produits qui ressemble, ont la saveur et la texture, de la vraie mayonnaise sans cependant en être.

Aux États-Unis, plus récemment, les producteurs de riz se sont plaints de la concurrence déloyale que les entreprises proposant du riz de chou-fleur leur faisaient. En fait, il ne s'agit pas de riz, mais de bien de chou-fleur présenté sous la forme de grain de riz. Comme les pétales de maïs (corn flakes) autre fois, les Américains ont mis sous la forme de grain de riz des têtes de chou-fleur. Cela est le moyen d'améliorer la praticité culinaire du produit et de le rendre plus appétissant. Le succès de ce produit est tellement important que certaines enseignes ont été obligées de mettre un quota sur le nombre de sacs que leurs clients peuvent acheter par jour (pas plus de deux par jour chez Trader Joes). Le riz de chou-fleur a fait des émules, puisque l'on trouve aussi du riz de brocoli. Mais, la raison pour laquelle les producteurs de riz sont furieux est le positionnement de ces nouveaux riz : ils sont lowcarb ! (pauvre en glucides) Ce qui n'est bien sûr pas le caz du riz. Ainsi les Américains désireux de faire un régime sans trop de glucides - ils sont nombreux - ont la possibilité d'acheter deux types de riz : un riz riche en glucides (28 grammes pour 100 grammes) - le vrai riz - et un riz (de légume) pauvre en glucides (5 grammes pour 100 grammes). Aujourd'hui on voit apparaitre sur les blogs... des critiques du vrai riz : trop riche en glucides et des propositions telles que : vous aimez le riz, tester le riz de chou-fleur.

En Europe, les laits de soja, d'amande, de noix de cajou, de coco, de macadamia - tous les laits végétaux - et les yoghourts aux sojas... ne pourront plus prétendre à la dénomination de lait ou de yoghourt. Celle-ci est, le rappelle la cour de justice de l'Union Européenne, réservée aux produits d'origine animale dans son communiqué de presse du 14 juin 2017.

Les produits purement végétaux ne peuvent pas, en principe, être commercialisés avec des dénominations qui, telles les dénominations « lait », « crème », « beurre », « fromage » ou « yoghourt », sont réservées par le droit de l’Union aux produits d’origine animale.


Cela vaut également si ces dénominations sont complétées par des mentions explicatives ou descriptives indiquant l’origine végétale du produit en cause. Il existe toutefois une liste d’exceptions.

Aux Etats-Unis les boissons à base d'amandes peuvent être dénommées lait et personne n'envisagerait d'appeler le beurre de cacahouète autrement. Avec l'apparition anticipée de produits innovants issus du monde végétal, il est fort à parier les guerres de dénomination seront encore plus fréquentes. Si le législateur Européen reste aujourd'hui encore attaché aux textes de loi et règlements divers, on peut cependant imaginer que sous la pression des consommateurs il adoucisse sa position et soit plus enclin à s'attacher à l'esprit de la loi.

 * *

L'histoire nous apprend aussi que le lait d'amande était au moyen âge plus apprécié que le lait d'origine animale... il se conservait mieux et il était très utilisé en cuisine... 

Les carnets du blog les plus consultés

Membres